Courir avec Seb…

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Découvrez les conseils de Sébastien Gérard, triple vainqueur de l’UTB en 3 participations. Egalement pisteur-secouriste sur le domaine skiable des Saisies, il est accompagnateur en montagne, le Beaufortain est son « jardin ». Il vous propose un stage de reconnaissance de l’UTB.

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François: Le weekend du 23/26 juin, tu vas encadrer « une reco » de l’UTB, avec Caro Freslon pour « 5° élément ». www.5eme-element.fr

1) En quoi consiste ce type de séjour? Est-ce un secret pour la performance ? Est ce une « assurance tout risque » pour être finisher ? Est il adapté à tous les inscrits de l’UTB ? Est il réservé aux futurs concurrents de l’UTB 2016 ?

Seb.G: Ce type de séjour consiste dans un premier temps à partager une aventure grandeur nature. Passionné de montagne et coureur longue distance, je souhaite apporter lors de ce séjour mon expérience mais aussi et surtout mon plaisir de courir dans le Beaufortain

« Assurance tout risque » pour être finisher, ce n’est pas si simple. Il y a des paramètres comme la météo, la forme du moment, la gestion du stress qui entrent en jeu dans la réussite ou non de la performance le jour J.

Mais Il est certain qu’il est plus facile d’envisager ce trail lorsque nous avons une idée des difficultés que nous allons rencontrer le jour de la course.

Pour moi, la reconnaissance du parcours reste sans aucun doute un élément majeur pour la réussite d’un tel projet sportif.

Je pense que 3 jours pour réaliser le Tour du Beaufortain 1 mois avant l’épreuve, reste à la portée de tous coureurs qui prétend devenir finisher.

Si ce n’est pas le cas, alors l’inscription à cette course n’est pas judicieuse, il faut revoir ses ambitions à la baisse.

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2) Lors d’un stage « reco », y a t’il de la place pour la présentation du terroir, de la vie des alpagistes, la recherche d’animaux sauvages ? Ou cela est anecdotique car pour toi, il n’y a que la « perf » qui compte ?

Seb.G: Ces stages de reco doivent bien sûr être l’occasion de découvrir des aspects de l’environnement que nous n’aurons peut-être pas le temps d’apprécier à leur juste valeur le jour de la course.

Le Beaufortain est un territoire aux multiples visages où l’homme à su dompter la nature pour en faire son meilleur allié. Les paysages sont de toutes beautés, la flore est exceptionnelle et la faune sauvage remarquable. Il serait dommage d’être 3 jours avec un accompagnateur en montagne local et se focaliser uniquement sur son cardio, GPS, et autres outils de performance.

Profiter de ce que nous offre notre corps et nos 5 sens, me semble plus important que la performance à l’état brut sur ces stages de reco. Le tout doit être réalisé dans un esprit de convivialité, d’entraide afin que chaque participant, quel que soit son niveau, trouve du bonus dans cette aventure.

Arrivée. Fred Gossin

3) Tu ne participes pas à de nombreuses courses, tu les choisis plutôt techniques.

Pourrais tu positionner l’UTB sur une échelle de difficultés, pour permettre un petit comparatif ?

Seb.G: Je pense que l’UTB est une course de montagne quasi parfaite de par son parcours. Il y a une alternance de longues montées et descentes, de passages roulants, de parcours techniques, de passages en forêt, au milieu des alpages, sur les névés… le tout sur des singles de toute beauté.

Il y a aussi l’accessibilité des spectateurs sur une grande partie du parcours, la qualité des ravitaillements et l’ambiance des bénévoles qui en font une course populaire, sportive et de qualité.

Je pense que c’est moins roulant qu’un UTMB, donc moins rapide, plus technique qu’un Tour des Glaciers de la Vanoise mais moins qu’une Diagonale ou Une Echappée Belle. C’est pour moi un vrai Ultra de Montagne qui reste accessible à toute personne habituée de ces distances et entraînée correctement.

4) T’es t’il arrivé d’abandonner sur une course ? Quelles en sont les raisons ?

Seb.G: Oui comme beaucoup de coureur il m’est arrivé d’abandonner sur certaines courses. Nous ne sommes pas encore des machines et parfois notre corps ne suit pas nos souhaits de performance.

Lorsque des signes marqués apparaissent, je reste persuadé qu’il est important de s’écouter afin de ne pas s’abîmer. Restons parfois raisonnable pour profiter longuement de ces belles aventures. Il faut savoir mettre sa fierté dans sa poche.

Tout ne tourne pas autour du trail dans la vie, en tout cas, pas pour moi! Je sais me dépasser, mais je sais aussi dire stop quand les conditions ne sont pas réunies pour prendre du plaisir dans l’épreuve.

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5) Dans le cadre « d’Objectif 60% » quels sont les (3) conseils que tu voudrais donner ?

a) aux postulants du top 10: ne pas partir trop vite

b) aux néophytes sur la distance: ne pas partir trop vite

c) à tout ceux qui reviennent sur l’UTB, après un (ou plusieurs abandons): partir moins vite que les années précédentes et venir mieux préparé.

5) Quelle « stratégie » de course faut il suivre ?

Seb.G: La stratégie dépend beaucoup du chrono que l’on espère à l’arrivée. Je pense qu’il faut, dans un premier temps, essayer de se concentrer sur soi même en faisant abstraction des autres coureurs. C’est ensuite le cœur et les jambes qui donneront le tempo et la tête qui permettra au mental de prendre le relais à compter de la mi course.

6) As tu un programme de courses pour cette année ? Reviendras-tu sur l’UTB ? Quelles sont les courses qui te font rêver ?

Seb.G: Pour l’instant c’est encore un peu tôt car je privilégie mon activité professionnelle et les courses sont en fonction des dates qu’il me reste. La Pierra Menta d’été m’a beaucoup plu donc je souhaiterais renouveler l’expérience, ainsi que l’Echappée Belle en Belledonne. Pour l’UTB, j’ai senti le besoin de faire une pause l’an passé, on verra cette année.

J’aimerais participer une fois au Tor des Géants (330 km, 24000 D+), je connais bien le Val d’Aoste et ce parcours me fait rêver mais m’impressionne à la fois par sa longueur. J’ai quelques craintes d’y laisser des plumes…

Je te remercie pour ces conseils, j’espère qu’ils aideront les coureurs à devenir « Finisher » et nous aider à atteindre « l’Objectif 60% », enfin, que tes stagiaires deviennent 100 % « Finishers » !

 

 

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