Josiane Piccolet une Dame du trail

Partager:

François portraitJosiane, 20 ans de course à pied et toujours du plaisir, dis tu. Mais comment es tu venu à la course à pied,  plutôt « sur le tard », n’est ce pas ?

 

PortraitOui ; c’est a 38 ans que j’ai découvert la course a pieds. Pas sportive pour un sou, je me suis fais embaucher par les « filles » de l’Amicale Pédestre de Drumettaz pour compléter une équipe purement féminine pour effectuer une course en relais à coté de Sens (Yonne). Comme ça m’a plu, j’ai persisté dans l’entrainement et j’ai effectué ma première course sur route en individuelle, à Ruy Monceau… que je gagne…le déclic s’est produit et j’ai enchainé les courses sur route jusqu’en 2000, où j’ai découvert le trail, encore méconnu, à l’époque.

Mon premier, les Hauts de Chaume, du coté de Bard, dans la Loire. Initialement prévu de 57 kms, il avait été porté à 65 kms suite à la tempête de l’hiver 2000. A l’arrivée, il en faisait plus de 70, et je le gagne, ….le début d’une longue série était écrit….

Josianne Piccolet (4)

François portraitCombien de fois as tu remporté le challenge Salomon des trails, qui, il y a quelques années, était le véritable championnat de France de trail, moyenne distance ?

 

PortraitJ’ai remporté 5 années consécutives le challenge, (2006 à 2010), qui m’a fait voyager aux 4 coins de France, et connaitre énormément de monde et les ambiances « trail ».

 

François portraitQuels sont tes plus beaux souvenirs au cours de ces 5 années du challenge?

 

 

PortraitMes deux victoires au challenge qui se sont jouées sur la dernière course du calendrier, en 2007, sur l’Euskal trail en Pays Basque, et en 2009, sur l’ultra du Puy de Sancy.

Egalement de beaux trails auxquels j’ai participé : le Tchimbée Raid en Martinique,  le raid des trolls en Norvège, la 6000D, le trail du Bout du Monde en Bretagne, les Templiers, dans le petit village de Nant, avec un départ aux fumigènes et une musique à fonds qui te donnent la chair de poule et te mettent la larme a l’œil,

Josianne Piccolet (3)

François portraitLors d’une remise des prix, d’une course locale, à laquelle j’assistai, tu as été appelé sur le podium, en fin de cérémonie, alors que la salle se vidait, avec comme distinction : « lauréate en vétéran 2 », alors que tu avais remporté l’épreuve ! Les premières séniors (catégorie reine) avaient été ovationnées, à 3 sur le podium, alors qu’elles avaient terminées loin derrière toi !

C’est frustrant, ces remises de prix mal organisées ? Des situations similaires, arrivent t’elles souvent ?

PortraitOui un peu, car elles ne reflètent pas le classement réel de la course. Heureusement cela n’arrive pas souvent, la plus part du temps dans des courses où les organisateurs ne sont pas coureurs…et pensent peut être que les «meilleures» sont forcement «des jeunes» !!

François portraitLa plus belle remise de prix que tu ai vécu, c’était où ?

 

 

PortraitLa course mythique, l’UTMB en 2013, -32h30 de course –  ma 1ère place en V2,(12ème F scratch) que j’obtiens sur l’Américaine, Méghan ARBOGAST, au cours des 4 dernières heures de courses.

C’était comment ?

Très poignant, et émouvant,  j’avais réussi mon rêve, terminer dans de bonnes conditions Mon UTMB  et se retrouver acclamée,  sur la place du triangle,  noire de Monde à Chamonix,

Josianne Piccolet (7)

François portraitLe peloton féminin en ultra trail, ne représente, au mieux, guère plus de 10% des participants. Hormis le fait que la femme a bien souvent des contraintes de mère de famille, comment expliques-tu cette si faible participation ?

 

PortraitIl ya peut être les charges de famille, mais je pense qu’il faut être prête (physiquement et mentalement) pour s’élancer sur des Ultras. Donc forcement il faut du temps pour s’entrainer correctement.

 

François portraitEst ce un sport réellement difficile ?

 

 

PortraitSi on est mal préparé, et si on gère mal le début de course oui, car courir, à l’agonie, pour terminer, laisse forcement des traces, et ne donne pas envie de recommencer…

Pour ma part, j’essaie d’arriver « prête » pour la course, je pars prudemment (avec l’âge on devient « diesel »), j’écoute mon corps, sans me mettre dans le rouge…alors là, c’est plaisir et je prends le temps d’admirer le paysage, sans perdre de vue les difficultés du parcours.

Josianne Piccolet (2)

 

François portraitTon mari est ton coach ?

 

 

PortraitOui, il s’occupe de tout, de ce qui est autour de la course (inscriptions, réservations,  assistance),  par contre je m’entraine « seule » sans plan spécifique, plutôt à la sensation, en fonction de ma future course.

 

François portraitOn le voit te suivre sur toutes tes courses, est ce rassurant de se sentir soutenu de la sorte ?

 

 

PortraitOui, il est devenu un « vrai passionné », et il « reconnait » chaque circuit, pour m’assister et me rassurer  le plus souvent possible.

Rassurant ? Ho que oui, je pense même que c’est primordial, et si j’en suis arrivé là, c’est bien un peu grâce à lui. Sur les ultras ça fait plaisir d’avoir du soutien, des infos, et de se faire « remonter » le moral

François portraitEt lui, il ne court pas ?

 

 

PortraitIl ne court plus, ses genoux se sont fait charcuter, et il faut les préserver. ….et comme il dit, un par Famille ca suffit…. !!

 

François portraitLors du Festival des Templiers, à Millau, vous êtes venus nous rencontrer sur notre stand, je vous ai vanté notre épreuve et avons trinqué avec un verre de Mondeuse (vin rouge de Savoie) et quelques morceaux de Beaufort (le fromage que vous retrouverez sur nos ravitos). As tu un régime spécifique ?

PortraitNon pas spécifique,  je mange de tout, équilibré et j’évite les friandises, les sucreries, et je ne grignote pas entre les repas. Par contre j’aime bien un p’tit coup de « rouge » au repas.  Mais avant les courses, je fais attention et j’évite les sauces et les viandes rouges…

Josianne Piccolet (5)

François portraitEnfin, as tu déjà abandonné sur un ultra ?

 

 

Non !

L’UTB, se sera donc « les doigts dans le nez » ?

PortraitEn 20ans de courses à pieds, je n’ai jamais abandonné. Un seule fois je n’ai pas franchi la ligne d’arrivée, au Ventoux en 2012, arrêtée par l’organisation, par sécurité a cause du mauvais temps.  J’ai terminé des courses blessée (chutes, entorses, voir même avec une plaie au genou et la rotule de déplacée, à Nant au templier après seulement 15 kms de courses, et où je termine 3ème, mais j’ai un moral d’acier et je sais serrer les dents.

Non l’UTB ne se fera pas les doigts dans le nez, dans une course on est l’abri de rien, et je ne suis pas invincible. Une chute, un coup de moins bien, une mauvaise gestion de l’hydratation et de nutrition peuvent faire basculer vers un abandon

Donc prudence, attention à tous les instants, gestion du ravitaillement sont mes pensées tout au long du parcours.

François portraitMerci bien pour tes réponses et bon UTB, le plus long trail de ton département !

 

 

PortraitJ’ai hâte de le découvrir, car  mes calendriers antérieurs ne coïncidaient pas avec l’UTB. Merci pour cet interview, qui m’a permis de me rappeler de bon souvenirs ; et promis, Jean Claude amène le blanc pour  le dimanche a midi.

 

 

 

 

 

 

Partager: