L’Ultra Tour du Beaufortain 2009
Une première édition écourtée.
Lorsqu’ils donnèrent le départ, les organisateurs pensaient ils qu’ils seraient contraints de stopper l’épreuve, au tiers de sa distance ?
Après avoir retardé ce départ de 2 heures pour permettre à la grosse perturbation de la nuit de s’évacuer comme le prévoyaient les météorologues, les organisateurs pensaient avoir déjoué cette inattendue dégradation, plutôt froide, au cœur d’un été de forte chaleur.
Ce n’était sans compter sur les caprices météorologiques, qui à l’image d’un enfant, redoublent quelques fois d’intensité alors qu’on le croyait calmé !
C’est peu avant le premier col, celui de la Roche Pourrie (2050m) que les 115 courageux rencontraient les premiers flocons, qui très vite accrochaient le sol. Après une petite descente sur le contrôle de l’Aulp de Tours, la seconde ascension emmenait les concurrents au Col des Lacs (2250m). Là, les conditions n’étaient plus anecdotiques, le brouillard et le vent venaient se mêler à la partie.
Heureusement, les 15 km suivants, moins élevés en altitude, mais flirtant tout de même les 2000 mètres laissaient soupçonner la fin de l’alerte neigeuse.
C’est certainement avec beaucoup d’étonnement que la tête de course se voyait stoppée au Cormet d’Arêches (2109m) alors qu’ils remontaient du barrage de St Guérin (1560m), le point bas du parcours. En effet, même si les précipitations n’avaient toujours pas cessées et qu’ils pataugeaient dans seulement 10 cm de neige, les hommes de tête, ceux les plus en forme, comprenaient mal cette décision.
Pourtant, l’évidence était là, l’itinéraire allait aborder les parties les plus montagneuses, les plus sauvages, celles ou la végétation n’est que pelouse, sans petits buissons qui pourraient donner du relief et des formes dans le brouillard et la neige…
…cela faisait plus de 2 heures que les contrôleurs, du Col du Coin (2398m), des montagnards aguerris, à l’abri dans un chalet, peu avant le col, alertaient le P.C course. Pour eux, les conditions étaient trop délicates pour laisser passer un peloton très étiré.
Mais au P.C, à Queige à 550 m d’altitude, on ne stoppe pas une course pour si peu. Les traileurs sont des sportifs entrainés, d’ailleurs, seulement quelques abandons leur avaient été signalés, il fallait continuer.
Ce n’est que vers 10h00, lorsque l’équipe de contrôle du Col de la Sauce (2307m), dont le rôle devait interdire l’accès à la Crête des Gittes, écartée du tracé, alertait le P.C avec insistance. Là haut, ils décrivaient également une ambiance tempétueuse, 20 cm de neige, brouillard et vent.
Il fallait se rendre à l’évidence, le premier Ultra Tour du Beaufortain se terminait prématurément, au Cormet d’Arêches pour les premiers, au barrage de St Guérin pour les autres.
Il était devenu inutile de faire prendre des risques aux coureurs, mais également aux contrôleurs. Ne pas stopper l’épreuve aurait pu avoir de fâcheuses conséquences pour cette organisation mais également pour la communauté française du trail en montagne.
Pour l’ironie du sort, dans l’après midi, les nuages se déchiraient, laissant apparaître des sommets enneigés, illuminés par un soleil généreux à l’image de l’enfant capricieux, revenant avec un large sourire et que l’on ne peut s’empêcher d’enlacer, pensant secrètement qu’il s’agit de son dernier caprice, tout comme l’organisateur, pensant que plus jamais, il ne rencontrerai cette météo, le matin de son épreuve…
François Camoin, président des « Amis du Trail du Beaufortain »

- Col des Lacs 2009